Quand quelqu’un cherche « expert-comptable Torcy » ou « plombier près de moi », Google n’affiche pas d’abord des sites : il affiche une carte et trois fiches d’établissements. Ces fiches sont gratuites, et la plupart des TPE les laissent à moitié vides, avec des horaires faux et des avis sans réponse. Voici ce qui fait qu’une fiche apparaît avant celle du voisin, et la demi-heure par mois qui suffit à l’entretenir.
Ce que Google classe, et pourquoi
Google explique lui-même ses trois critères pour le classement local : la pertinence — la fiche correspond-elle à ce qui est cherché ? —, la distance par rapport à la personne qui cherche, et la notoriété, c’est-à-dire ce que le web dit de l’établissement : avis, mentions, liens, cohérence des informations. Vous n’agissez pas sur la distance. Vous agissez sur tout le reste, et la plupart de vos concurrents ne le font pas.
La fiche complète, point par point
- Le nom, exactement celui de l’enseigne, sans mot-clé ajouté : « Dupont Plomberie », pas « Dupont Plomberie – plombier chauffagiste Torcy 77 ». Google supprime les fiches bourrées de mots-clés, et vos concurrents peuvent le signaler.
- La catégorie principale, la plus précise possible, et des catégories secondaires pour les autres activités. C’est le premier critère de pertinence. « Cabinet d’expertise comptable » vaut mieux que « Services aux entreprises ».
- L’adresse et la zone desservie. Une entreprise qui reçoit du public affiche son adresse ; un artisan qui se déplace peut masquer l’adresse et déclarer les communes qu’il couvre.
- Les horaires, y compris les horaires spéciaux des jours fériés et des congés d’été. Un client qui trouve porte close quand la fiche annonce « ouvert » laisse un avis à une étoile.
- Le téléphone et le site, les mêmes que partout ailleurs. Google recoupe ces informations avec votre site, les annuaires et les réseaux sociaux ; une adresse écrite de trois façons différentes brouille la cohérence.
- La description : 750 caractères pour dire ce que vous faites, pour qui, et où, en langage courant. Les premiers mots comptent.
- Les services ou les produits, listés un par un avec une courte description et, si possible, un prix ou une fourchette. Ce sont eux qui font correspondre la fiche à des recherches précises.
- Les attributs : accessibilité, prise de rendez-vous en ligne, paiement, parking, langues. Cochez ce qui est vrai.
Les photos : réelles, récentes, nombreuses
Les fiches avec des photos reçoivent nettement plus de demandes d’itinéraire et de clics vers le site que celles qui n’en ont pas — c’est Google qui le dit. Mais pas n’importe quelles photos : la devanture telle qu’on la voit depuis la rue, l’intérieur, l’équipe au travail, les réalisations, le véhicule. Pas de photo de banque d’images, pas de logo en guise de photo de couverture. Ajoutez-en une ou deux par mois ; la fiche paraît vivante, et elle l’est.
Les avis : en demander, y répondre, ne jamais en acheter
Les avis pèsent sur le classement et, plus encore, sur la décision du client qui compare trois fiches. La méthode qui marche est la plus simple : demander, au bon moment, à un client satisfait — à la fin d’un chantier, à la remise d’un dossier —, avec le lien direct vers le formulaire d’avis, par SMS ou par courriel. Répondre à chaque avis, en quelques lignes, en remerciant et en restant factuel ; répondre surtout aux avis négatifs, calmement, en proposant de reprendre contact. Le lecteur juge autant la réponse que l’avis.
Les faux avis, achetés ou rédigés par des proches, sont une pratique commerciale trompeuse, sanctionnée par la DGCCRF, et Google les détecte de mieux en mieux : une vague d’avis cinq étoiles en une semaine sur une fiche qui n’en recevait pas fait suspendre la fiche. Un avis diffamatoire ou sans rapport avec une expérience réelle peut être signalé à Google pour suppression ; il faut argumenter, et attendre.
Les fonctions que personne n’utilise
- Les posts : une actualité, une offre, un événement, avec une photo, visibles sur la fiche pendant une semaine environ. Un post par mois suffit à montrer que l’établissement existe.
- Les questions-réponses : n’importe qui peut poser une question sur votre fiche, et n’importe qui peut y répondre. Posez vous-même les cinq questions qu’on vous pose toujours, et répondez-y.
- La messagerie et la prise de rendez-vous, si vous êtes en mesure de répondre vite ; sinon, désactivez-les.
- Les statistiques : combien de personnes ont vu la fiche, avec quelles recherches, combien ont appelé ou demandé l’itinéraire. C’est la seule mesure gratuite de votre visibilité locale, et elle dit quels mots vos clients emploient.
La demi-heure mensuelle
Vérifier les horaires du mois à venir, ajouter deux photos, publier un post, répondre aux avis reçus, lire les statistiques, vérifier qu’aucune modification suggérée par un tiers n’a été acceptée à votre insu — Google permet aux internautes de proposer des corrections, et les applique parfois. C’est tout. Faites-le le même jour chaque mois, et la fiche restera au-dessus de celles qui ont été créées un jour et jamais rouvertes.
Questions fréquentes
Ma fiche existe mais je n’en ai pas le contrôle : que faire ?
Revendiquez-la depuis votre compte Google : la vérification se fait par vidéo, par courrier ou par téléphone selon les cas. Si un ancien prestataire la détient, Google propose une procédure de demande d’accès, avec un délai de réponse de quelques jours.
Une entreprise sans local peut-elle avoir une fiche ?
Oui, si elle rencontre ses clients en personne — chez eux ou sur site. Une activité exclusivement en ligne, sans contact physique, n’est pas éligible.
Faut-il payer pour apparaître dans les premiers ?
Non. Les annonces locales existent, avec un encart « sponsorisé », mais les trois fiches de la carte sont classées gratuitement. Une fiche complète, à jour, avec des avis répondus, y arrive sans budget.
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Sources
- Aide Google Business Profile : consignes de représentation des établissements, facteurs de classement local, règles relatives aux avis.
- Code de la consommation, articles L. 121-1 et suivants (pratiques commerciales trompeuses) ; DGCCRF, faux avis de consommateurs.