Le SMIC est passé à 12,02 € de l’heure le 1er janvier, le plafond de la Sécurité sociale à 48 060 €, et surtout les taux réduits de cotisation maladie et d’allocations familiales ont disparu : une réduction générale dégressive unique les remplace, jusqu’à 3 SMIC. Voici les chiffres de la paie 2026, le fonctionnement de la nouvelle réduction, et ce qu’il faut vérifier sur les bulletins du premier trimestre.
Mis à jour en septembre 2026. Le SMIC a été revalorisé en cours d’année : il est passé à 12,31 € de l’heure, soit 1 867,02 € bruts pour 35 heures, au 1er juin 2026. Les montants indexés sur le SMIC — seuils de la réduction générale, gratification de stage, avantages en nature du secteur des hôtels, cafés et restaurants — suivent ; le plafond de la Sécurité sociale, lui, reste celui du 1er janvier.
Les repères du 1er janvier 2026
| Repère | Valeur |
|---|---|
| SMIC horaire brut | 12,02 € |
| SMIC mensuel brut (35 heures, 151,67 h) | 1 822,80 € |
| Plafond annuel de la Sécurité sociale | 48 060 € |
| Plafond mensuel | 4 005 € |
| Avantage en nature nourriture | 5,50 € par repas, 11 € par jour |
| Titre-restaurant : part patronale exonérée | 7,32 € |
| Cotisation vieillesse déplafonnée, part employeur | 2,11 % (contre 2,02 % en 2025) |
La revalorisation du SMIC au 1er janvier a été de 1,2 %, celle du plafond de la Sécurité sociale de 2 %. Comme chaque année, vérifiez d’abord vos minima conventionnels : plusieurs branches ont vu leurs premiers coefficients repasser sous le SMIC.
La réduction générale dégressive unique
C’est le changement de fond de l’année. Jusqu’en 2025, trois dispositifs se superposaient : la réduction générale jusqu’à 1,6 SMIC, le taux réduit de cotisation maladie jusqu’à 2,25 SMIC, le taux réduit d’allocations familiales jusqu’à 3,3 SMIC. Depuis le 1er janvier 2026, les deux taux réduits sont supprimés — la cotisation maladie est à 13 % et les allocations familiales à 5,25 % pour tous — et une réduction unique, dégressive, s’applique jusqu’à 3 SMIC.
Le calcul suit une courbe, et non plus une droite : le coefficient part d’environ 39,8 % du salaire brut au niveau du SMIC, descend à environ 7,5 % à 1,8 SMIC, environ 3 % à 2,4 SMIC, atteint un plancher de 2 % à 3 SMIC, et tombe à zéro au-delà. Les paramètres fixés par décret sont un taux minimal de 0,0200, un taux maximal complémentaire de 0,3781 — 0,3821 pour les employeurs redevables du FNAL à 0,50 % — et un exposant de 1,75 qui donne à la courbe sa forme.
Deux conséquences concrètes. Les salaires entre 2,25 et 3 SMIC, qui avaient perdu le taux réduit maladie en 2025, retrouvent un allègement : leur coût baisse. Et la prime de partage de la valeur entre dans la rémunération annuelle prise en compte pour le calcul : chaque euro de prime versé à un salarié proche du SMIC réduit l’allègement de l’employeur.
Le calcul devient annuel
La réduction se calcule désormais sur la rémunération annuelle, avec une régularisation progressive mois par mois : chaque bulletin recalcule le cumul depuis janvier et ajuste. Pour une entreprise dont les salaires sont stables, cela ne change rien au montant final ; pour celles qui versent des primes ou emploient des saisonniers, le montant mensuel varie davantage qu’avant, et la régularisation annuelle de décembre perd de son ampleur. C’est le logiciel qui fait le travail : votre rôle est de vérifier que les paramètres de l’année y sont, et que le FNAL est au bon taux.
Ce qui change aussi en 2026
- La déduction forfaitaire sur les heures supplémentaires est étendue aux entreprises de 250 salariés et plus, à 0,50 € par heure ; elle reste à 1,50 € en dessous de 20 salariés.
- La contribution patronale sur les indemnités de rupture conventionnelle et de mise à la retraite passe de 30 % à 40 % pour les ruptures prenant effet à compter du 1er janvier 2026.
- La cotisation vieillesse déplafonnée patronale augmente de 0,09 point, sur la totalité du salaire.
- L’entretien professionnel devient l’entretien de parcours professionnel, tous les quatre ans, depuis la loi du 24 octobre 2025.
- Le bulletin de paie clarifié n’est, lui, obligatoire qu’au 1er janvier 2027 : le modèle actuel reste valable toute l’année.
Quatre vérifications sur les bulletins du premier trimestre
- Les taux de cotisation maladie et d’allocations familiales sont bien à 13 % et 5,25 % pour tous les salariés, sans taux réduit résiduel.
- La ligne de réduction générale existe pour les salaires jusqu’à 3 SMIC, y compris ceux qui n’en bénéficiaient pas avant.
- Les bases plafonnées suivent le nouveau plafond de 4 005 € : vieillesse plafonnée, tranche 1 de retraite complémentaire, FNAL.
- Les salariés au SMIC sont passés à 1 822,80 € bruts, et les grilles conventionnelles ont été comparées au nouveau montant.
Questions fréquentes
La réforme augmente-t-elle le coût du travail ?
Cela dépend du niveau de salaire. Au SMIC, l’allègement reste du même ordre qu’en 2025. Entre 1,6 et 2,25 SMIC, l’effet est proche de la neutralité. Entre 2,25 et 3 SMIC, le coût baisse. Au-delà de 3 SMIC, rien ne change.
Faut-il refaire les bulletins de janvier si le logiciel n’était pas à jour ?
Non : le calcul étant annuel avec régularisation progressive, l’écart se rattrape sur les bulletins suivants dès que les paramètres sont corrects. Vérifiez simplement que la régularisation a bien eu lieu.
Les apprentis et les contrats aidés sont-ils concernés ?
Oui pour la réduction générale, dans les conditions qui leur sont propres. Les exonérations spécifiques ne se cumulent pas avec elle : on applique le dispositif le plus favorable.
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Sources
- Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 ; décret n° 2025-887 du 4 septembre 2025 (paramètres de la réduction générale dégressive unique) ; code de la sécurité sociale, article L. 241-13.
- URSSAF, la réduction générale dégressive unique ; barèmes 2026 : SMIC, plafonds, avantages en nature et frais professionnels.
- Arrêté fixant le plafond de la Sécurité sociale pour 2026 ; décret de revalorisation du SMIC au 1er janvier 2026.