Depuis le 1er janvier 2026, un seul mécanisme allège les cotisations patronales : la réduction générale dégressive unique. Elle remplace la réduction Fillon et les deux taux réduits de maladie et d’allocations familiales, et elle s’étend jusqu’à trois SMIC. Voici la formule, ce qu’elle donne concrètement sur un salaire au SMIC, à 1,5 et à 2 SMIC, et les six paramètres à vérifier dans votre logiciel de paie.
Ce qu’elle remplace
Jusqu’en 2025, trois dispositifs se superposaient : la réduction générale, dégressive jusqu’à 1,6 SMIC ; le taux réduit de cotisation maladie, 7 % au lieu de 13 % jusqu’à 2,25 SMIC ; le taux réduit d’allocations familiales, 3,45 % au lieu de 5,25 % jusqu’à 3,3 SMIC. Trois seuils, trois calculs, et des effets de bord désagréables : augmenter un salarié qui franchissait un seuil coûtait plusieurs fois le montant de l’augmentation.
Depuis le 1er janvier 2026, les taux réduits ont disparu — la cotisation maladie est à 13 % et les allocations familiales à 5,25 % pour tout le monde — et une réduction unique, continue, s’applique de 1 à 3 SMIC. Plus de marche d’escalier : la courbe descend régulièrement.
La formule
Le montant de la réduction est le produit de la rémunération annuelle brute par un coefficient, lui-même calculé ainsi :
Coefficient = Tmin + Tdelta × [ ½ × ( 3 × SMIC annuel ÷ rémunération annuelle brute − 1 ) ]P
avec, pour 2026 : Tmin = 0,0200, c’est-à-dire un plancher de deux points conservés jusqu’à 3 SMIC ; Tdelta = 0,3781 pour les employeurs redevables du FNAL au taux de 0,10 % — moins de cinquante salariés — et 0,3821 pour ceux qui le sont à 0,50 % ; et un exposant P = 1,75, qui donne à la courbe sa forme : une pente douce juste au-dessus du SMIC, une extinction plus rapide à l’approche de 3 SMIC. Le SMIC retenu est celui fixé par décret pour le calcul, proratisé selon la durée du travail et majoré des heures supplémentaires.
Ce que cela donne
| Niveau de salaire | Salaire mensuel brut | Coefficient approximatif | Allègement mensuel |
|---|---|---|---|
| SMIC | 1 822,80 € | 39,8 % | environ 725 € |
| 1,2 SMIC | 2 187 € | environ 23 % | environ 500 € |
| 1,5 SMIC | 2 734 € | environ 12 % | environ 330 € |
| 1,8 SMIC | 3 281 € | environ 7,5 % | environ 245 € |
| 2,4 SMIC | 4 375 € | environ 3 % | environ 130 € |
| 3 SMIC | 5 468 € | 2 % | environ 110 € |
| Au-delà de 3 SMIC | — | 0 % | aucun |
Ces montants sont des ordres de grandeur, calculés sur un temps plein et un FNAL à 0,10 % ; votre logiciel produit le chiffre exact. Ce qu’ils montrent : l’allègement reste massif au niveau du SMIC — il efface l’essentiel des cotisations patronales —, il décroît vite, et il ne disparaît qu’à 3 SMIC, là où il s’arrêtait à 1,6 SMIC avant la réforme.
Ce que la réduction couvre
Elle s’impute sur les cotisations patronales d’assurance maladie, d’assurance vieillesse, d’allocations familiales, sur la contribution solidarité autonomie, sur le FNAL, sur la contribution d’assurance chômage, sur la retraite complémentaire et sur une part de la cotisation accidents du travail, plafonnée. Elle ne couvre ni la CSG et la CRDS, qui sont salariales, ni le versement mobilité, ni la contribution au dialogue social, ni la formation professionnelle et la taxe d’apprentissage.
Elle n’est pas cumulable avec les exonérations spécifiques — apprentissage, zones aidées, outre-mer — sauf exceptions : l’employeur applique le dispositif le plus favorable, salarié par salarié.
Une nouveauté importante : le calcul est annuel
La réduction se détermine sur la rémunération annuelle, avec une régularisation progressive : chaque mois, le logiciel recalcule le cumul depuis janvier et ajuste le montant déjà déduit. Pour une rémunération stable, le montant mensuel est régulier. Pour une entreprise qui verse des primes ou emploie des saisonniers, il varie : un mois de prime fait mécaniquement baisser la réduction, parfois jusqu’à produire une régularisation négative. Ce n’est pas une erreur du logiciel : c’est la formule.
Conséquence directe : la prime de partage de la valeur entre dans la rémunération prise en compte. Chaque euro versé à un salarié proche du SMIC réduit l’allègement de l’employeur. Une prime de 1 000 € à un salarié au SMIC ne coûte plus 1 000 €, mais un peu plus, une fois l’effet sur la réduction pris en compte.
Les six paramètres à vérifier
- Le taux du FNAL appliqué à l’entreprise : 0,10 % en dessous de cinquante salariés, 0,50 % au-delà. C’est lui qui détermine le Tdelta retenu.
- Le taux de cotisation accidents du travail notifié par la caisse, dont une fraction seulement entre dans la réduction.
- La valeur du SMIC de référence et sa proratisation pour les temps partiels et les entrées ou sorties en cours de mois.
- L’assiette de la rémunération : primes, avantages en nature, prime de partage de la valeur, indemnités soumises. Une prime oubliée dans l’assiette gonfle indûment la réduction, et l’URSSAF la reprend.
- Les heures supplémentaires, qui majorent le SMIC de référence sans entrer dans la rémunération pour la part de majoration.
- Le code type de personnel en DSN : la réduction se déclare sur des codes dédiés, différents de ceux de 2025. Une DSN déposée avec les anciens codes produit un écart que l’URSSAF signale.
Questions fréquentes
Faut-il demander la réduction ?
Non : elle s’applique d’office, calculée et déclarée par l’employeur dans la DSN. C’est à lui de la calculer juste — et de pouvoir la justifier pendant trois ans.
Un salarié à temps partiel ouvre-t-il droit à la réduction ?
Oui, avec un SMIC de référence proratisé selon sa durée contractuelle. Le coefficient se calcule ensuite de la même façon.
Que se passe-t-il si un salarié dépasse 3 SMIC en cours d’année ?
Le calcul étant annuel, c’est la rémunération de l’année qui compte : un salarié qui dépasse 3 SMIC en cumul perd la réduction, et les montants déjà déduits sont régularisés sur les mois suivants.
Espace RH calcule et contrôle la réduction salarié par salarié, vérifie l’assiette et les codes de votre DSN, et chiffre l’effet d’une prime ou d’une augmentation avant que vous ne la décidiez. Écrivez-nous à contact@espacerh.fr ou découvrez le pôle Espace RH.
Sources
- Code de la sécurité sociale, articles L. 241-13 et D. 241-7 et suivants ; décret n° 2025-887 du 4 septembre 2025 fixant les paramètres de la réduction générale dégressive unique.
- URSSAF, la réduction générale dégressive unique ; Bulletin officiel de la Sécurité sociale, rubrique « Allègements généraux ».
- Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025, article 18, et loi de financement pour 2026.