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Véhicule de société ou indemnités kilométriques ?

Acheter ou louer un véhicule au nom de la société, ou rouler avec sa voiture personnelle et se faire rembourser au kilomètre ? La réponse a changé en 2025 : l’avantage en nature d’un véhicule de fonction a été fortement relevé au 1er février, les taxes annuelles se sont durcies, et le barème kilométrique n’a pas bougé depuis 2023. Voici les deux calculs, côte à côte, et le seuil à partir duquel l’un devient plus intéressant que l’autre.

Mis à jour en septembre 2026. Les taxes annuelles ont continué de se durcir : le seuil de déclenchement de la taxe sur les émissions de CO2 est descendu à 5 g/km en 2026, et la taxe sur les polluants atmosphériques est passée de 500 € à 650 € pour les véhicules de la catégorie la plus taxée. Vérifiez les barèmes de l’année avant tout calcul : la trajectoire votée les relève chaque 1er janvier jusqu’en 2027.

Les indemnités kilométriques : la solution qui ne coûte rien à l’entreprise

Le salarié ou le dirigeant utilise son propre véhicule et se fait rembourser ses kilomètres professionnels, au barème fiscal. Ce barème est inchangé depuis 2023 : pour une voiture de 5 CV, 0,636 € par kilomètre jusqu’à 5 000 km, puis un tarif dégressif au-delà, avec une majoration de 20 % pour un véhicule électrique. Le remboursement est une charge déductible pour la société, exonéré de cotisations et d’impôt pour le bénéficiaire, à condition de justifier les trajets : date, destination, motif, kilomètres, et une copie de la carte grise qui prouve la puissance et la propriété du véhicule.

Ce que le barème couvre : dépréciation, assurance, entretien, pneumatiques, carburant. Ce qu’il ne couvre pas et qui se rembourse en plus : péages, stationnement, intérêts d’emprunt du véhicule. Ce qu’il exclut : les trajets domicile–travail, qui relèvent de la prise en charge des transports, sauf circonstances particulières.

L’entreprise n’immobilise aucune trésorerie, ne supporte aucune taxe sur les véhicules, ne gère ni assurance ni entretien. En contrepartie, elle ne déduit rien d’autre que les indemnités, et ne récupère aucune TVA.

Le véhicule de société : quatre coûts, dont deux ont augmenté

  • Le coût d’acquisition ou de location, déductible, mais plafonné pour les voitures particulières selon les émissions de CO2 : l’amortissement n’est déductible que dans la limite de 30 000 € pour un véhicule émettant moins de 20 g, 20 300 € jusqu’à 49 g, 18 300 € jusqu’à 159 g et 9 900 € au-delà. La fraction non déductible se réintègre chaque année, y compris sur les loyers de location longue durée.
  • La TVA : non récupérable sur l’achat et les loyers d’une voiture particulière, récupérable sur un véhicule utilitaire. Sur le carburant, elle l’est à 80 % pour le gazole et l’essence des voitures particulières, à 100 % pour l’électricité.
  • Les taxes annuelles sur l’affectation des véhicules à des fins économiques, qui ont remplacé la taxe sur les véhicules de société : une taxe sur les émissions de CO2, calculée par tranches et due dès 10 g/km en 2025 — environ 193 € par an pour un véhicule à 100 g —, et une taxe sur les émissions de polluants atmosphériques, de 500 € pour la plupart des motorisations thermiques, 100 € pour les plus récentes, zéro pour l’électrique. Depuis le 1er janvier 2025, les hybrides ne sont plus exonérés de la taxe CO2 ; les véhicules à superéthanol E85 bénéficient d’un abattement de 40 %.
  • L’avantage en nature, dès que le véhicule peut être utilisé à titre personnel — ce qui est le cas de tout véhicule laissé au domicile le week-end.

L’avantage en nature a changé le 1er février 2025

L’arrêté du 25 février 2025 a relevé les forfaits d’évaluation pour les véhicules mis à disposition à compter du 1er février 2025. Les véhicules attribués avant cette date conservent l’ancien barème tant que la mise à disposition se poursuit : deux salariés, deux voitures identiques, deux calculs différents.

Évaluation forfaitaire annuelleMise à disposition avant le 1er février 2025À compter du 1er février 2025
Véhicule acheté, 5 ans ou moins9 % du prix d’achat TTC15 %
Véhicule acheté, plus de 5 ans6 %10 %
Véhicule acheté, avec carburant payé par l’employeur12 % (9 % au-delà de 5 ans)20 % (15 % au-delà de 5 ans)
Véhicule loué30 % du coût global annuel50 %
Véhicule loué, avec carburant40 %67 %

Un véhicule électrique mis à disposition entre le 1er février 2025 et le 31 décembre 2027 bénéficie d’un abattement de 70 % sur l’évaluation, plafonné à 4 582 € par an, sous réserve d’un score environnemental suffisant. L’électricité fournie pour la recharge n’entre pas dans l’avantage, et la borne installée au domicile ouvre droit à une exonération plafonnée. L’évaluation au réel reste possible : dépenses réelles ramenées au prorata des kilomètres personnels, ce qui suppose un relevé précis.

L’avantage est soumis à cotisations et à impôt sur le revenu comme un salaire. Concrètement, une voiture achetée 30 000 € TTC et attribuée en mars 2025 génère un avantage de 4 500 € par an, contre 2 700 € sous l’ancien régime : environ 1 500 € de coût supplémentaire par an entre cotisations patronales et salariales.

Le calcul comparé

Prenons un dirigeant assimilé salarié qui roule 15 000 km par an, dont 10 000 pour l’entreprise, avec une voiture de 5 CV.

  • Indemnités kilométriques : environ 4 900 € par an de remboursement, entièrement déductibles, sans cotisations, sans taxe. La société ne supporte rien d’autre ; le dirigeant assume l’achat et l’entretien de son véhicule.
  • Véhicule de société acheté 30 000 € TTC, thermique récent : amortissement déductible plafonné, TVA non récupérable sur l’achat, environ 600 € de taxes annuelles, avantage en nature de 4 500 € soumis à cotisations, plus assurance, entretien et carburant à la charge de la société.

La règle qui se dégage : en dessous de 15 000 à 20 000 km professionnels par an, les indemnités kilométriques restent plus simples et souvent moins chères, surtout depuis février 2025. Au-delà, ou quand le véhicule est un outil de travail visible par les clients, le véhicule de société reprend l’avantage. L’électrique change la comparaison : exonération des deux taxes annuelles, plafond d’amortissement le plus élevé, TVA récupérable sur l’électricité, abattement de 70 % sur l’avantage en nature — c’est aujourd’hui la seule configuration où le véhicule de fonction reste franchement favorable.

Questions fréquentes

Un gérant majoritaire peut-il se faire rembourser des indemnités kilométriques ?

Oui, au même barème, avec les mêmes justificatifs. C’est souvent la solution la plus simple pour un travailleur non salarié, qui n’a pas d’avantage en nature à déclarer mais doit pouvoir prouver ses trajets.

Un véhicule utilitaire échappe-t-il à l’avantage en nature ?

Pas automatiquement : un utilitaire réellement réservé à un usage professionnel, avec une interdiction écrite d’usage privé et des clés remises au dépôt, ne génère pas d’avantage. Ramené chaque soir à domicile sans restriction, il en génère un.

Peut-on changer de formule en cours de route ?

Oui, mais attention à la date de mise à disposition : un véhicule réattribué à un autre salarié après le 1er février 2025 relève du nouveau barème. Un changement de formule se prépare avec le renouvellement du véhicule.

Espace Gestion chiffre les deux formules sur vos chiffres réels, suit vos taxes annuelles sur les véhicules et contrôle le calcul de l’avantage en nature sur vos bulletins. Écrivez-nous à contact@espacegestions.fr ou découvrez le pôle Espace Gestion.

Sources

  • Arrêté du 25 février 2025 modifiant l’arrêté du 10 décembre 2002 relatif à l’évaluation des avantages en nature ; URSSAF, avantages en nature véhicule.
  • Code des impositions sur les biens et services, articles L. 421-93 et suivants (taxes sur l’affectation des véhicules) ; BOFiP, BOI-AIS-MOB-10-30-20.
  • Code général des impôts, articles 39, 4 (plafonds d’amortissement), 81 (barème kilométrique) et annexe II, article 206 (TVA) ; barème kilométrique de l’arrêté du 27 mars 2023, reconduit en 2025.
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Cet article est écrit par l'un des cinq pôles d'Alyneia Entreprise Services, à Torcy. Retrouvez tous les articles du blog, ou écrivez directement au pôle concerné — son adresse est dans le rail ci-dessus.